Posté le 15 novembre 2018 - par lesmichesenavant
Du 12 au 14 novembre : El Cocuy
Lundi 12 novembre : 10h de bus – El Cocuy – alt 2750m – env 6000 habitants
On ne me pose aucun problème pour Diego et l’on ne me facture aucun supplément. Le soucis est que d’être seule à voyager, et donc à veiller au bon chargement du vélo, lorsque je monte dans le bus il est quasi complet. Pas d’autre sièges que ceux à côté des toilettes et l’odeur….Je change de place une demi heure plus tard, au premier passager qui descend. Le bus n’est pas très confortable et je me cale comme je peux. Le bus quitte l’axe principal pour emprunter une route qui serpente à travers la montagne. Au fil des kilomètres celle ci se transforme par endroits en mauvaise route caillouteuse. Le bus est également chargé de victuailles et approvisionne les villages retirés. Les villageois l’attendent. C’est un événement important. Le paysage qui défile est spectaculaire. Puis à un endroit le pont qui enjambe un cours d’eau s’est affaissé. Seuls les deux roues s’y risquent. Le passage à flanc de montagne est étroit : un peu plus que la largeur du bus en tout et pour tout et vers l’aval le cours d’eau se termine par une cascade et …l’abîme!
Le chauffeur se prépare à traverser la rivière à gué, marque un arrêt et s’élance. J’ai confiance ; il connaît bien la route et conduit bien. Les passagers retiennent leur souffle. C’est passé !
J’arrive à El Cocuy vers 18h00. Il fait nuit, je n’ai pas réservé mais ce n’est pas encore la haute saison qui démarre fin décembre début janvier. Je m’installe à l’Hospedaje El Rokero, chez Sandra, Oscar et leurs enfants.
Mardi 13 novembre : journée tranquille à El Cocuy
Paramo : biotope néotropical d’altitude que l’on retrouve dans la cordillère des Andes entre la limite des forêts et les neiges éternelles.
Biotope : type de lieu de vie défini par des caractéristiques physiques et chimiques déterminées relativement uniformes. Ce milieu héberge un ensemble de formes de vie composant la biocénose : flore, faune, fonge et des populations de micro-organismes. Un biotope et la biocénose qu’il accueille forment un écosystème caractéristique.
J’en profite pour peaufiner mon itinéraire que je vais modifier quelque peu et effectuer les démarches nécessaires pour l’entrée dans le parc national le lendemain.
Oscar me met en relation avec un guide avec qui il travaille et nous nous rendons tous les deux au bureau qui régit les entrées. C’est obligatoire : pas de guide, pas de droit d’entrée. Il me faut m’acquitter de la somme de 68000 pesos pour l’entrée du parc et de 7000 pesos supplémentaires pour l’assurance, soit en tout 23€. Rien par rapport à ce que j’ai du payer en Argentine pour l’ascension de l’Acongagua. L’employé insiste bien sur ce qui est pris en charge par l’assurance et ce qui ne l’est pas. Pas de secours si simple fatigue ou mal aux genoux. Si le problème est autre, on dépêche d’abord un « caballo ». Un quoi ? Je ne peux pas avoir bien compris, ce n’est pas possible. Est-ce une marque d’hélicoptère que je ne connais pas ? Devant mon désarroi mon interlocuteur le traduit en anglais : « a horse ». Un cheval ! J’avais donc parfaitement compris ! Et arrivée au refuge transport en voiture sur la mauvaise route caillouteuse jusqu’à la bourgade. Quand à l’hôpital le plus proche je préfère ne pas demander à combien de kilomètres il se trouve…Je ne vais quand même pas faire une crise d’appendicite ici !?
Ensuite l’on me fait visionner un film de quinze minutes sur le parc, le comportement à y adopter, le respect de l’environnement.
Mon guide, natif de la ville, s’appelle Orlando. Il sera mon guide particulier pour la modique somme de cinquante cinq euros, treck et trajet en moto compris.

Ville aux couleurs vertes
et blanches. Tout donne l’impression d’être une ville endormie car les volets et les portes sont closes. Celles des commerces sont entrouvertes et souvent pour les hôtels la porte est également fermée. Il suffit de sonner. On ne s’affiche pas, la vie est derrière les façades, avec sa musique, sa vaisselle qui tinte, ses voix, ses rires
Mardi 14 novembre : parc national El Cocuy
Ce parc national se situe à l’est de la Colombie, près de la frontière avec le Vénézuéla, sur un territoire sacré pour les indiens U’Wa. Le territoire de la réserve indigène est fermé au tourisme ; il est donc interdit de voyager sur le flanc est de la Sierra. Les conflits des dernières années avec les indigènes sur les questions environnementales ont conduit à la fermeture temporaire du parc et à la réflexion sur un fonctionnement plus respectueux de ce territoire. Aujourd’hui, entre autres choses, le bivouac est interdit de même que l’équitation car les chevaux mâchent et piétinent les frailejones et autres plantes, élargissant les sentiers et polluant les sources d’eau qui approvisionnent la population locale.
Treck de las Lagunillas Pulpito : 16 kms aller-retour. Démarre au refuge Sisuma à 3600 mètres d’altitude jusqu’au bord du glacier Pulpito del Diablo, à 4700 mètres (celui-ci culmine à 5100m), El Pan d’azucar (5120m), Lagunas del Pan de Azucar, El Totti (4800m), El Portillo (4900m).
Levée 3h30. Départ 4h00. Mon guide m’attend comme convenu devant la porte de l’auberge. Il range mon petit sac à dos dans le sien et je m’en équipe. Mais pas de casque pour moi ! Instant de réflexion…Je retourne à ma chambre prendre mon casque à vélo. Comme dirait mon amie Elodie : « C’est mieux que si c’était pire » !
C’est parti pour une heure et quart de chevauchée sur les chemins de caillasses. Quelques kilomètres avant le refuge qui se trouve au départ du sentier, checkpoint. Orlando présente nos autorisations et signe le point de passage.
Finalement il est 5h20 du matin lorsque nous nous élançons. Le jour se lève à peine. Nous randonnons pendant neuf heures et atteindrons de nouveau le point de départ à quatorze heures quinze. La météo est changeante les après-midi, le ciel se chargeant de nuages et les averses nombreuses. Orlando veut rentrer avant la pluie. Des trois groupes s’étant engagés sur ce sentier nous sommes les seuls à être parvenus au pied du glacier. Les autres partis un peu plus tard et marchant plus lentement ont fait demi tour devant l’arrivée massive des nuages.
Le parc national est spectaculaire. Régalez vous !
Orlando pendant tout le trajet de l’aller à moto n’a pas cessé de me demander : « Tu n’as pas froid ? » et à chaque fois a été surpris de ma réponse : « Ben non, ça va ! ». Lorsque nous arrivons au refuge il est frigorifié. Ce n’est qu’environ une heure après en me regardant enlever les épaisseurs qui me recouvrent qu’il s’esclaffe : « Je comprends pourquoi tu n’avais pas froid ! Moi je ne porte qu’un pantalon, un tee-shirt à manches longues, mon blouson et ma paire de gants ! ». Et moi d’enlever mon coupe vent, mon blouson en duvet, mon pullover, mon sous pull, mon bas de kway et de garder mon tricot de corps à manches longues en laine mérino, une brassière, mon pantalon de rando et mon caleçon long en laine..
hé non, même pas froid !!
Demain départ pour San Gil. Je sais que cela va être difficile à travers la montagne.
Mon itinéraire sera le suivant :
El Cocuy, San Matéo, Soata, Onzaga, San Joaquim, Mogotes, San Gil
Environ deux cent trente cinq kilomètres que j’espère parcourir en cinq jours.
D’ici là, pas sûr d’avoir beaucoup de wifi donc silence radio possible…
6 commentaires
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29 novembre 2018
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anne et pierre a dit:
Ouah ! et encore Ouah ! Époustouflant comme d’hab!Oui nous,ça va super bien, même pas peur du froid car plus gâtés que les nordistes de ce coté là…. Tu es toujours aussi épatante et nous toujours en admiration…Nous t’embrassons très très fort et je pars de ce pas à la page suivante….
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26 décembre 2018
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lesmichesenavant a dit:
hééé, super de vous lire ! Tout se passe bien à Tarnos si je comprends bien; parfait !! Continuez de prendre soin de vous
Vous embrasse fort !
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7 décembre 2018
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Valérie Lacroix a dit:
Quel plaisir de te lire!! et quelle assurance, you rock!!! je t’embrasse fort!!
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26 décembre 2018
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lesmichesenavant a dit:
Merci ma cousine chérie ! Prends bien soin de toi. T’embrasse fort
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18 décembre 2018
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Collet Pascal a dit:
J’arrive avec un petit peu de retard pour le début de tes aventures mais au fil de ta lecture je rattrape les étapes perdues ..
Très joli El Cocui, et bravo pour ton équipement vestimentaire multi-couches !
Prends soin de toi … et de tes pneus !
Gros Bisou … Pascal
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26 décembre 2018
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lesmichesenavant a dit:
Merci Pascal ! Et accompagnée par un de tes petits airs de Saxo, je n’en avance que plus vite !! Prends soin de toi aussi. Bises